Arthur Lamothe

cinéaste, réalisateur et producteur

Le plus québécois des Gascons

Le plus québécois des Gascons
  2005/02/26
Journal Le Devoir
Odile Tremblay

La Cinémathèque québécoise consacre enfin une rétrospective au cinéaste Arthur Lamothe. Du 2 au 30 mars, 14 films, fictions et documentaires confondus, redisent son amour des gens et des paysages d'ici.

Arthur Lamothe possède sept vies, comme les chats. Un matou et une chatte glissent justement entre salon et cuisine de la jolie petite maison qu'il habite avec sa nouvelle compagne. Le cinéaste précise relever de sept accidents cérébro-vasculaires et se décrit comme un miraculé. Mais Arthur Lamothe, né en 1928, est également, du haut de ses sept vies, un futur marié qui convolera cet été dans la réserve de Maliotenam, près de Sept-Îles. C'est aussi dans cet endroit de la Côte-Nord qu'il sera enterré. Son coeur bat là-bas, chez les Innus, ses amis, ses frères.

Drôle de parcours qui a emmené ce Gascon, fils de viticulteur, au Québec, en 1953, avec 4 $, un fromage et une bouteille de vieil armagnac en poche. Plus tard cinéaste, il allait devenir une mémoire audiovisuelle amérindienne. La quête identitaire à travers les cultures constitue la ligne de force de son oeuvre.

Il a pratiqué trente-six métiers, de bûcheron à vendeur itinérant de casseroles. Après des études universitaires en économie, notre homme a travaillé à Radio-Canada, puis à l'ONF de 1961 à 1966, développant une amitié indéfectible avec Gilles Carle. Par la suite, Lamothe allait coscénariser le film de Carle, La Mort d'un bûcheron, et Carle, celui de Lamothe, Équinoxe.

Retour en 1962. Son remarquable Les Bûcherons de la Manouane, sur fond de solitude, se marie aux chants des forestiers, à leurs espoirs, alors que les Amérindiens de la Haute-Mauricie, croisés, aperçus, apparaissent sur son écran. Sa première oeuvre sur les Montagnais est toutefois Le Train du Labrador, où il aborde ce train de Schefferville-Sept-Îles montant aux mines à travers le territoire autochtone.

Sociétés parallèles

Bientôt, Lamothe se passionnera pour ces sociétés parallèles qui vivent en retrait des Blancs, quoique influencées par eux, captant souvent le chant du cygne de traditions en train de s'effacer. Le cinéaste à l'accent gascon a même filmé le passage des tentes aux maisons chez les Montagnais de Saint-Augustin, sur la Basse-Côte-Nord, précieux document montrant le nomadisme qui s'efface au profit de la sédentarisation.

Il fallait un néo-Québécois pour se pencher si étroitement sur le sort des Amérindiens. Lamothe, à l'instar de bien des Européens, avait joué aux cow-boys et aux Indiens pendant son enfance et conservait d'eux une vision romantique, à plumes, façon Jean-Jacques Rousseau. «Au début des années 50, bien des Québécois les appelaient encore "les sauvages". Les films faits ici sur les Indiens laissaient à désirer, jamais tournés dans leur propre langue, collés aux regards des Blancs.»

Alors, il a plongé, montant chez les Innus de la Romaine ou de Maliotenam, captant les traditions de la tente à suer, de la scapulomancie, également la chasse au caribou, les légendes de carcajou, travaillant souvent en tandem avec l'anthropologue Rémi Savard et Thérèse Rock de la réserve de Betsiamites.

Arthur Lamothe déclare avoir voulu briser les préjugés collés aux Amérindiens. Jamais saouls ni gelés, les autochtones de ses films. Pas violents non plus. «J'ai fait le choix de ne pas montrer les aspects négatifs, précise-t-il. Tout le monde dit qu'ils sont saouls, mais les richesses de leurs sociétés sont trop souvent ignorées. Les Indiens sont fiers de mes films, et ça me rend heureux d'avoir pu contribuer à les voir relever la tête», dit-il. D'autres après lui ont capté sur film la crise rouge.

Ses 81 films captant la réalité innue à partir des années 70 (souvent encore inédits), il a travaillé l'an dernier à les mettre sur support numérique avec l'appui de l'ONF. Lamothe oeuvre actuellement à leur mixage et les enverra sur vidéocassettes et DVD dans les centres d'archives amérindiens, mais aussi à l'Université de Montréal et à l'Université Laval, pour la postérité.

Arthur Lamothe a également abordé la réalité des Blancs, les travailleurs manuels surtout, dont il a longtemps partagé le quotidien à son arrivée au Québec. Le mépris n'aura qu'un temps (1969), commande de la CSN que le cinéaste a transformée en chant de révolte des damnés de la Terre, connut à l'époque un succès boeuf, malgré ses moyens artisanaux. Aujourd'hui, le cinéaste le juge un peu daté mais porteur d'une voix de dissidence.

Arthur Lamothe est bien mieux considéré comme documentariste que comme cinéaste de fiction. Poussière sur la ville fut mal accueilli en 1965. Le Silence des fusils, tourné près de 30 ans plus tard, constitue de son propre aveu un film loupé qui ne correspond pas à ses intentions d'auteur. Mais Équinoxe (1986), tourné dans les îles de Sorel avec Jacques Godin dans la peau d'un homme qui retrouve ses racines et règle ses comptes avec elles, mérite vraiment d'être revu. Une poésie flotte sur cette oeuvre presque artisanale, incomprise en son temps.

Quand Arthur Lamothe regarde derrière lui, il se sent fier de quelques films: Bûcherons de la Manouane, Le Train du Labrador et sa série amérindienne. Paris lui avait déjà consacré deux hommages. Pour la première fois, la Cinémathèque québécoise s'apprête à le célébrer à son tour. Difficile d'être prophète... dans son pays d'adoption.

Un homme de coeur

Arthur Lamothe l'homme de coeur

Journal Le Devoir
Odile Tremblay

La Cinémathèque québécoise consacre enfin une rétrospective au cinéaste Arthur Lamothe. Du 2 au 30 mars, 14 films, fictions et documentaires confondus, redisent son amour des gens et des paysages d'ici.

Arthur Lamothe possède sept vies, comme les chats. Un matou et une chatte glissent justement entre salon et cuisine de la jolie petite maison qu'il habite avec sa nouvelle compagne. Le cinéaste précise relever de sept accidents cérébro-vasculaires et se décrit comme un miraculé. Mais Arthur Lamothe, né en 1928, est également, du haut de ses sept vies, un futur marié qui convolera cet été dans la réserve de Maliotenam, près de Sept-Îles. C'est aussi dans cet endroit de la Côte-Nord qu'il sera enterré. Son coeur bat là-bas, chez les Innus, ses amis, ses frères.

Drôle de parcours qui a emmené ce Gascon, fils de viticulteur, au Québec, en 1953, avec 4 $, un fromage et une bouteille de vieil armagnac en poche. Plus tard cinéaste, il allait devenir une mémoire audiovisuelle amérindienne. La quête identitaire à travers les cultures constitue la ligne de force de son oeuvre.

Il a pratiqué trente-six métiers, de bûcheron à vendeur itinérant de casseroles. Après des études universitaires en économie, notre homme a travaillé à Radio-Canada, puis à l'ONF de 1961 à 1966, développant une amitié indéfectible avec Gilles Carle. Par la suite, Lamothe allait coscénariser le film de Carle, La Mort d'un bûcheron, et Carle, celui de Lamothe, Équinoxe.

Retour en 1962. Son remarquable Les Bûcherons de la Manouane, sur fond de solitude, se marie aux chants des forestiers, à leurs espoirs, alors que les Amérindiens de la Haute-Mauricie, croisés, aperçus, apparaissent sur son écran. Sa première oeuvre sur les Montagnais est toutefois Le Train du Labrador, où il aborde ce train de Schefferville-Sept-Îles montant aux mines à travers le territoire autochtone.

Sociétés parallèles

Bientôt, Lamothe se passionnera pour ces sociétés parallèles qui vivent en retrait des Blancs, quoique influencées par eux, captant souvent le chant du cygne de traditions en train de s'effacer. Le cinéaste à l'accent gascon a même filmé le passage des tentes aux maisons chez les Montagnais de Saint-Augustin, sur la Basse-Côte-Nord, précieux document montrant le nomadisme qui s'efface au profit de la sédentarisation.

Il fallait un néo-Québécois pour se pencher si étroitement sur le sort des Amérindiens. Lamothe, à l'instar de bien des Européens, avait joué aux cow-boys et aux Indiens pendant son enfance et conservait d'eux une vision romantique, à plumes, façon Jean-Jacques Rousseau. «Au début des années 50, bien des Québécois les appelaient encore "les sauvages". Les films faits ici sur les Indiens laissaient à désirer, jamais tournés dans leur propre langue, collés aux regards des Blancs.»

Alors, il a plongé, montant chez les Innus de la Romaine ou de Maliotenam, captant les traditions de la tente à suer, de la scapulomancie, également la chasse au caribou, les légendes de carcajou, travaillant souvent en tandem avec l'anthropologue Rémi Savard et Thérèse Rock de la réserve de Betsiamites.

Arthur Lamothe déclare avoir voulu briser les préjugés collés aux Amérindiens. Jamais saouls ni gelés, les autochtones de ses films. Pas violents non plus. «J'ai fait le choix de ne pas montrer les aspects négatifs, précise-t-il. Tout le monde dit qu'ils sont saouls, mais les richesses de leurs sociétés sont trop souvent ignorées. Les Indiens sont fiers de mes films, et ça me rend heureux d'avoir pu contribuer à les voir relever la tête», dit-il. D'autres après lui ont capté sur film la crise rouge.

Ses 81 films captant la réalité innue à partir des années 70 (souvent encore inédits), il a travaillé l'an dernier à les mettre sur support numérique avec l'appui de l'ONF. Lamothe oeuvre actuellement à leur mixage et les enverra sur vidéocassettes et DVD dans les centres d'archives amérindiens, mais aussi à l'Université de Montréal et à l'Université Laval, pour la postérité.

Arthur Lamothe a également abordé la réalité des Blancs, les travailleurs manuels surtout, dont il a longtemps partagé le quotidien à son arrivée au Québec. Le mépris n'aura qu'un temps (1969), commande de la CSN que le cinéaste a transformée en chant de révolte des damnés de la Terre, connut à l'époque un succès boeuf, malgré ses moyens artisanaux. Aujourd'hui, le cinéaste le juge un peu daté mais porteur d'une voix de dissidence.

Arthur Lamothe est bien mieux considéré comme documentariste que comme cinéaste de fiction. Poussière sur la ville fut mal accueilli en 1965. Le Silence des fusils, tourné près de 30 ans plus tard, constitue de son propre aveu un film loupé qui ne correspond pas à ses intentions d'auteur. Mais Équinoxe (1986), tourné dans les îles de Sorel avec Jacques Godin dans la peau d'un homme qui retrouve ses racines et règle ses comptes avec elles, mérite vraiment d'être revu. Une poésie flotte sur cette oeuvre presque artisanale, incomprise en son temps.

Quand Arthur Lamothe regarde derrière lui, il se sent fier de quelques films: Bûcherons de la Manouane, Le Train du Labrador et sa série amérindienne. Paris lui avait déjà consacré deux hommages. Pour la première fois, la Cinémathèque québécoise s'apprête à le célébrer à son tour. Difficile d'être prophète... dans son pays d'adoption.
Journal VOIR
Michel Defoy

Le mépris n'aura qu'un temps: "Je l'ai revu (récemment) après bien des années. Je suis encore ému", de confier Arthur Lamothe.

Arthur Lamothe se repenche sur son cinéma à l'occasion d'une rétrospective que lui consacre la Cinémathèque québécoise.

Son intérêt pour les tribulations de la classe ouvrière ainsi que pour la question autochtone lui ont valu une réputation de cinéaste engagé. Arthur Lamothe rejette pourtant cette étiquette. "Je n'ai pas fait de cinéma engagé, répond-il. J'ai tourné des films qui me tenaient à cœur avec des gens que j'aimais. De nos jours, c'est la même chose. Engagé ou pas, le cinéaste fait des films qu'il aime, un point c'est tout."

Voilà. C'est dit. Homme de cœur, homme de passion, le cinéaste Arthur Lamothe ancre son art dans l'émotion. Quelque 40 ans de métier n'ont en rien entamé cet engagement (le mot, ici, est pertinent...). Et si c'était à refaire, le réalisateur né en Gascogne referait tout de la même manière. Enfin, presque. "J'aurais dû penser un peu plus à l'argent plutôt que d'y engloutir toutes mes ressources, avoue-t-il... N'empêche, comme le chantait Piaf, je ne regrette rien! J'étais très content de montrer mes points de vue. Et surtout de faire connaître aux Québécois la situation des autochtones du Québec."

La riche filmographie d'Arthur Lamothe se partage entre courts, longs et moyens métrages. Certains accouchés dans le documentaire, d'autres nés dans la fiction. Le premier mode semble généralement mieux lui réussir. "Dans les années 60, confie le cinéaste, on a descendu en flèche certains de mes films de fiction, disant que je manquais d'imagination, et les dialogues, de psychologie! Ça me fait bien rire quand je vois certains films actuellement sur les écrans..."


Le cycle préparé par la Cinémathèque échantillonne le parcours d'Arthur Lamothe en 14 œuvres, des premiers essais conçus au début des années 60 jusqu'aux longs métrages tournés au milieu des années 90. "J'aurais aimé qu'on y présente plus de films, mais il y avait des contraintes de temps. Il faudrait une deuxième rétrospective!" conclut-il.

Arthur Lamothe réfléchit sur trois des films programmés...

Le Silence des fusils (1996)

Fiction oscillant entre policier et commentaire social, inspiré de faits vécus.

"Pour moi, c'est un film loupé. Dans mon premier scénario, le rêve, l'univers intérieur des Indiens, intervenait beaucoup plus. Le scénariste que l'on m'avait imposé l'a rejeté et a transformé le film en polar. Par la suite, ce scénario qu'il avait construit et que j'ai tourné, il a refusé de le signer!"

Les Bûcherons de la Manouane (1962)

La vie "exemplaire" des bûcherons du Haut-Saint-Maurice captée à hauteur d'homme.

"Je pense que c'est mon premier et un de mes meilleurs films. J'aime l'image de la fin, quand Guy Charon, de Rivière-du-Loup, sort avec son cheval de l'écurie de Dufresne. On sent qu'il fait froid..."

Le mépris n'aura qu'un temps (1970)

Regard plein d'empathie pour la condition précaire des ouvriers de la construction.

"Je l'ai revu (récemment) après bien des années. Je suis encore ému. On y rencontre des gens plus intelligents que beaucoup d'hommes politiques en place... J'aurais aimé faire un genre de fiction avec des ouvriers, pour faire comprendre de l'intérieur ce qu'ils vivaient."

Du 2 au 30 mars
À la Cinémathèque québécoise
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Un grand merci à tous!
Je voudrais remercier chaleureusement Michel Defoy, ainsi que Voir pour avoir publié cet article. Je remercie également tous les internautes qui écrivent leurs commentaires sur le site. Vos réactions m'ont beaucoup touché. J'espère que pendant le mois de mars vous irez voir le reste des films à présenter à la cinémathèque. Je voulais aussi signaler mon site personnel où vous trouverez de nombreuses explications sur le tournage des films et sur leur contexte: http:/arthurlamothe.free.fr
Meilleures salutations à tous.

Arthur Lamothe
6 mars 2005
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À la Manouane...

Les images sont saisissantes. La réalité qui déferle devant nous est impitoyable...

Le Québec comme il l'a été pendant si longtemps, et comme il ne le sera plus jamais. C'est le témoignage d'une société repliée sur elle-même, d'un monde qui attend la venue d'une autre ère.

Ça semble si loin de nous, de notre quotidien, et pourtant, historiquement parlant, c'était déjà hier...

C'est un pont entre différentes générations qui ont sans nul doute manqué un rendez-vous avec l'histoire. Une façon de se regarder, à travers les yeux de ces bûcherons qui ont pu être des proches, parenté, oncles des temps anciens...

C'est un rendez-vous avec notre histoire, qui se doit d'être propagé au fil des générations, dans un coin de pays qui ne sera jamais plus le même après son entrée dans la modernité...

Yannick Beaulieu
6 mars 2005
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Il nous a déconcertés

Arthur Lamothe sera arrivé à un bien mauvais moment dans le paysage cinématographique naissant du Québec. Habités encore par toutes les aliénations qui sévissaient alors dans notre culture, nous avons été incapables de comprendre ses messages pour ce qu'ils étaient, soit des manifestations d'amour pour des humains que toutes les idées répressives nous avaient habitués à voir comme des presque inhumains. En effet, les autochtones et les ouvriers des travaux de l'infortune étaient alors ravalés au rang de personnes qui comptaient à peine pour des humains, pour des êtres qui ne pouvaient espérer leur salut que de l'au-delà, ce que nous rappelaient d'ailleurs ces bons curés qui desssinaient pour eux des vallées de larmes dans tous leurs sermons. Alors, de se faire montrer ces humains avec un supplément d'âme, la leur sans réduction idéologique augmentée de l'amour qu'il leur portait afin de nous les monter grandeur nature, nous a complètement déconcertés, nous a rendus perplexes sur la valeur et la justesse des visions que nous avions à leur endroit. Nous pensions que ses films documentaires ne pouvaient pas partir des réalités et qu'à l'inverse, ses fictions devaient avoir quelque chose à voir avec une réalité qui nous échappait. Il a pourtant eu des admirateurs de ses films chez nous et pas n'importe lesquels. Je me souviens par exemple d'avoir entendu Gilles Vigneault dire de lui qu'il était le cinéaste qu'il préférait. Je suis certain aussi que Félix Leclerc en pensait le plus grand bien. Si jamais il décidait de s'associer à quequ'un pour faire un nouveau film, comme cela lui est déjà arrivé, plutôt que de le faire avec un type du genre de celui qui lui a valu son film qu'il qualifie de raté, peut-être devrait-il en parler à Francis Leclerc. Je suis certain qu'ils se comprendraient bien.

Marc Audet
26 février 2005
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Un réalisateur défendant les droits des ouvriers.

Quand je regarde la filmographie d'Arthur Lamothe, je me dis qu'il en a fait du chemin dans le monde du cinéma. En quatre décennies, il en a tourné des films!! Je me rappelle qu'au cégep dans mon cours d'art cinématographique, on visionnait quelques unes de ses oeuvres. On étudiait vraiment tous les aspects d'un film; des angles des caméra au des plans, des dialogues au enchaînement des différentes scènes. C'était intéressant d'étudier ses films, parce qu'il y mettait toujours une touche personnelle qui le faisait démarquer des autres. Je me rappelle d'un film documentaire que la prof avait choisi de nous montrer. Ca réflètait la condition de vie des ouvriers dans les années 60-70. Ca m'avait vraiment marqué, parce que j'ai réalisé que dans ces années là, ils avaient la vie vraiment dure. Ce n'était pas comme aujourd'hui. Ils travaillaient fort et de leurs propres mains vu que la technologie n'était pas aussi développée. Bref, ça m'a fait réalisé que cette génération de personnes a donné leurs corps et leurs âmes pour construire la génération du future et j'en suis reconnaissant. Je considère Arthur Lamothe un peu comme un Robin des bois "social". Il dénonçait les conditions inhumaines des ouvriers dans ses films pour réveiller le gouvernement de cette situation. Les patrons étaient vraiment trop forts et abusait totalement des ouvriers. Je pense que Arthur Lamothe a réellement fait avancer la cause des ouvriers et qu'on lui doit une fière chandelle!!!! Bref, on est très chanceux d'avoir un réalisateur d'une telle envergure et je vous conseille de vous rendre à la cinémathèque québécoise pour apprécier ses oeuvres.

Serge Grégoire
25 février 2005
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Soyez vrais !

Enfin quelqu'un qui respecte ses passions, qui ne se renie pas pour l'argent. Oui, il aurait pu vouloir devenir riche et très connu, mais il a choisi de respecter ses intérêts. En plus, il ne le regrette pas...

De nos jours, la seule course est celle à l'argent. La richesse, la puissance, Le Profit dictent la vie de trop de personnes.

Si quelqu'un choisit de suivre ses convictions et d'essayer de les faires connaîtres, nous ne pouvons que l'encourager. Allez, comme moi, voir cette rétrospective, parlez-en autour de vous, lancez des débats, discutez...

Et surtout, respectez VOS passions, VOS convictions, soyez vrais !

Laurent Christin
25 février 2005
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Notre patrimoine cinématographique

Cela s'inscrit bien après l'hommage à Michel Brault. Ces hommes qui ont bâti notre culture cinématographique, relatant notre histoire, nos us et nos coutumes, aidant les plus jeunes et / ou les gens d'autres cultures à comprendre qui nous sommes et d'où nous venons.
Un tour du Québec et un tour des différentes générations, en restant au même endroit!

Cela nous invite une fois de plus à fréquenter la cinémathèque Québécoise, cette grande oubliée du cinéma. Pourtant elle est rempli de trésor, contrairement au BLock Buster et autres du même genre.
C'est une saine habitude à prendre, tient j'y pense, profitez -en pendant la semaine de relâche, amenez vos enfants les coûts y sont très abordables, surtout si vous avez la carte accès Mtl.
Vous en retirerez autant de satisfaction que vos jeunes!

Lou Charron
24 février 2005
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Un cousin français bien de chez-nous. votez pour cette réaction

Arthur Lamothe s'est affirmé comme un être passionné, profondément humain. Il est de la race de ceux qui vont au bout de leurs convictions. en tout temps, il conserve un caractère spontané et, de ce fait, on pourrait le croire peu raisonnable. C'est peut-être pour cette raison qu'il s'est si bien entendu avec les autochtones qui ont fait l'objet de plusieurs de ses tournages. Toujours en quête de réalisme, d'authenticité, il a vécu des semaines, voire des mois, à leurs côtés pour parvenir à réaliser ses ouvres.

Le seul reproche que l'on pourrait lui faire, (et encore, est-ce condamnable ?) c'est de s'être embourbé dans ce qui l'inspirait et de n'avoir aucunement exploité les filons qui conduisent au succès.

Suzanne Mongrain
24 février 2005
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Lorsque j'étais étudiant en secondaire V , nous avions une fois par semaine un cours de cinéma . Le professeur puisait dans les trésors de l'Office National du Film . Cela fait près de trente cinq ans et j'ai encore souvenir d'un film intitulé Les bucherons de la Manouane où l'on voyait les dures conditions de vie de ces hommes travaillant dans les chantiers de coupe de bois par des températures sibériennes . C'était loin de notre petit confort de citadin .
Arthur Lamothe , français d'origine , a une longue carrière derrière lui à l'ONF . Il a été tour à tour scénariste et réalisateur . Je me rappelle aussi d'un autre de ses films , Montréal-Manicouagan où il mettait en scène Gilles Vigneault .
Arthur Lamothe n'a jamais fait dans le film commercial et il est surtout reconnu pour son engagement envers les amérindiens qu'il nous a montré dans plusieurs films .
Il est temps que le peuple québécois reconnaisse l'oeuvre d'un pionnier , car monsieur Lamothe faisait partie de cette équipe qui ont fait que l'ONF a été reconnue mondialement pour la qualité de ses documentaires et qui a permis à plusieurs réalisateurs de faire leurs premières armes et de devenir célèbre , je pense bien sûr entre autres à Gilles Carle ou Denys Arcand .
Donc pour les vraie amateurs de cinéma-vérité , vous devez vous rendre à la Cinémathèque Québécoise en mars pour toute une découverte .

Richard Marenger Internaute dans les 10 meilleurs contributeurs de Voir.ca
24 février 2005

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Quelle richesse de culture et d'histoires. Merci à l'ONF de nous donner la possibilité de nous replonger dans notre histoire par le biais de ce cinéaste.
Les générations qui vont suivre auront la chance d'apprendre en visionnant cette partie de notre histoire ouvrière et politique par le biais d'un homme qui avait une vision réaliste des évènements.

Suzanne Charlebois
1 mars 2005

Radio-Canada et Pierre Veronneau

Hommage à Arthur Lamothe
 
2 mars 2005 - Le chroniqueur Pierre Landry nous parle de la rétrospective du cinéaste engagé Arthur Lamothe, présentée à la Cinémathèque québécoise, du 2 au 30 mars.
 
Intitulée Arthur Lamothe, L'explorateur de territoires, l'événement présente le parcours du cinéaste québécois en 14 oeuvres, des premiers essais conçus au début des années 60, jusqu'aux longs métrages tournés au milieu des années 90. 
 
L'intérêt manifeste d'Arthur Lamothe pour les tribulations de la classe ouvrière ainsi que pour la question autochtone lui ont valu une réputation de cinéaste engagé. 
 
Arthur Lamothe s'est vu décerné le Prix Albert-Tessier en 1980. 
 
  • L'entrevue du chroniqueur Pierre Landry avec Pierre Veronneau, conservateur du cinéma québécois à la Cinémathèque québécoise.

    Portrait d'un homme engagé et passionné.

    Portrait d'un homme engagé et passionné. (radio-Canada)
      2005/03/06
    Le reportage de Chantal Lavigne
    Une rétrospective du cinéma d’Arthur Lamothe

    La Cinémathèque québécoise présente, jusqu’au 30 mars, une rétrospective de l’œuvre d’Arthur Lamothe, un des piliers du cinéma québécois.

    Ce cinéaste tourne, depuis 1962, des documentaires et des films de fiction. Encore aujourd’hui, à 74 ans, il continue de faire des films. Plusieurs de ses œuvres ont obtenu des prix et sont aujourd’hui des classiques. L’homme, né en Gascogne, s’est beaucoup intéressé à la situation des travailleurs et, surtout, à celle des Autochtones. Le cinéaste a, tout au long de sa vie, filmé les Innus. Il a toujours voulu briser les préjugés qui collent aux Amérindiens, tout cela avec rigueur et authenticité.

    Chantal Lavigne trace le portrait de cet homme engagé et passionné.

    Arthur Lamothe. L'Explorateur de territoires

    Arthur Lamothe. L'Explorateur de territoires
    Pierre Véronneau, Conservateur, Cinéma québécois

    Le titre ne nous rallie pas mais j'en conserve l'idée. Lamothe arrive au Québec en 1953. Il se retrouve dans une situation « désidentitaire » dans un pays en mal d'identité. Pour lui, cette notion renvoie au territoire et, en vrai Gascon, ce territoire est d'abord régional. En terre du Québec, il ne choisit pas Montréal comme lieu principal. Arthur se retrouve sur la Manouane, à la Manicouagan, au Labrador, sur cette Côte Nord où il croise déjà des Amérindiens. Mais à cette époque, il doit assurer son indépendance, tisser des liens et se doter de moyens lui permettant de vivre, et enfin, dire dans ses films les gens dont il se sent proche, les travailleurs québécois notamment. À travers tout cela, pendant dix ans, le cinéaste mûrit son projet filmique. Davantage que d'être néo-québécois, donc de se tourner vers lui-même, ce qui le nourrit, c'est de participer à la définition de la néo-québécité, c'est de se tourner vers l'autre.

    L'Autre, il est là depuis Bûcherons de la Manouane (1962). Il s'agit de l'actualiser. Débute alors sa grande saga amérindienne, sans commune mesure dans l'histoire de notre cinéma et peut-être même dans celle du documentaire mondial. Une saga qu'il poursuit encore. De cette manière, il résout sa quête identitaire et trouve un écho à ses songes. Ou plutôt, la culture amérindienne fait écho à ses songes. Lui, l'exilé privé de territoire, se retrouve face à un peuple dont on ne reconnaît pas la terre originelle. Son destin est clair : il va mettre son métier, son talent, son coeur à construire la géographie de ce territoire dénié. Il va le montrer, il va donner la parole à ceux qui le décrivent et l'habitent, il va en faire le récit. Il met en pratique cette idée que l'Histoire construit l'identité des peuples. Jamais toutefois il ne s'identifiera à l'autre, il n'en prendra les attributs. Il absorbe une cause mais respecte les singularités en cause.

    Personne de culture orale, l'Amérindien narre son histoire de multiples manières, personne de culture nomade, l'Amérindien définit son territoire en le marchant, en le chassant. Le cinéma de Lamothe adopte ces deux modes. Il se déplace à travers les contrées montagnaises, en explore les particularités et les symbioses, recherche les traces qu'elles recèlent. Celles qui disent l'occupation du sol, les viols commis par les Blancs, celles qui éclairent la réécriture de l'histoire à laquelle il faudrait procéder. Il écoute aussi le récit de l'autre, sa mémoire. Plus qu'une mémoire battante, il s'agit d'une mémoire dense et saturée, douloureuse aussi, qui n'a de cesse que de se conter, dans ses multiples variantes, comme tout vrai conte, dans ses répétitions aussi. Lamothe respecte la parole de l'autre dans son rythme itératif et lui laisse toute la place dont elle a besoin. Il refuse l'ellipse qui correspond au récit du Blanc et qu'il maîtrise pourtant très bien, il développe une esthétique en accord avec le discours de son interlocuteur, au risque de se faire reprocher de ne pas avoir d'esthétique narrative. Il se veut la voix de ceux qui réclament leur pays, qui dénoncent la conquête de l'Amérique, qui parlent de nos gestes ethnocidaires. Il retourne à leurs origines, il délimite les lieux qu'ils ont occupés, il témoigne de leurs communautés. Ce faisant il interpelle les autres Québécois sur le terrain de l'espoir car le territoire identitaire que son oeuvre embrasse est celui d'un Québec qui serait une terre partagée sans péril, sans amertume et sans mépris.

    --> Arthur Lamothe sera présent à la plupart des séances.

    Arthur Lamothe: Rétrospective de celui qui osa parler d'éthnocide

    Arthur Lamothe: Rétrospective de celui qui osa parler d'éthnocide
    L'oeuvre du cinéaste Arthur Lamothe, auteur d'une saga amérindienne sans commune mesure, fait l'objet d'une rétrospective.

    En présentant 14 de ses films, d'ici le 30 mars, la Cinémathèque québécoise retrace une carrière qui s'échelonne sur 40 ans. Intitulée Arthur Lamothe, L'explorateur de territoires, elle va des Bûcherons de la Manouane (1962) au Silence des fusils (1996), son quatrième long métrage de fiction, en passant par Le mépris n'aura qu'un temps (1969), documentaire retentissant commandé par la CSN.

    « Dans le documentaire québécois, Arthur Lamothe fait partie des grands, et dans le créneau dans lequel il s'est spécialisé, le cinéma en rapport avec les questions amérindiennes, il est unique. Il est adopté par les Amérindiens, ce qui fait que ses films réussissent à saisir des images qu'un cinéaste normal, c'est-à-dire qui arrive sur un territoire et y séjourne quelque temps, ne réussirait pas à capter », explique le conservateur du cinéma québécois à la Cinémathèque québécoise, Pierre Veronneau, qui accordait une entrevue au chroniqueur culturel de l'émission Désautels, Pierre Landry.

    Un cinéaste engagé
    De 1973 à 1983, Arthur Lamothe a réalisé une série de 13 longs et moyens métrages, la Chronique des Indiens du nord-est du Québec. Il a documenté les revendications des Amérindiens, prenant à partie les pouvoirs politiques blancs et parlant carrément d'ethnocide pour qualifier l'attitude des Blancs envers les Amérindiens.
    Un article de Lili Marin.

    Né en 1928 en Gascogne, il est arrivé au Québec en 1953. Il a étudié l'économie politique à l'Université de Montréal et écrit sur le cinéma, notamment dans Cité Libre et dans Liberté. Il a travaillé à Radio-Canada, puis à l'ONF, se liant avec Gilles Carle. Il a d'ailleurs coscénarisé La mort d'un bûcheron et participé aux Corps célestes, tandis que Gilles Carle a coscénarisé Équinoxe (1986). Il a ensuite réalisé de nombreux films à caractère pédagogique, social et politique. Ses documentaires ont obtenu plus de succès que ses oeuvres de fiction.

    Un parcours jalonné d'honneurs
    En 1980, il recevait le prix Albert-Tessier, en 1996, la France le faisait Chevalier des arts et des lettres et il devenait membre de l'Ordre du Canada. Le festival Présence autochtone lui rendait hommage en 2004. Ses films Les Bûcherons de la Manouane et Mémoire battante font partie de la cinémathèque de base en études québécoises constituée par l'Association internationale d'études québécoises.

    Il travaille actuellement à un DVD regroupant ses films sur la réalité innue. Bien qu'il ait récemment subi des accidents vasculaires cérébraux, il est présent à la plupart des séances organisées à la Cinémathèque.

    L'Écho des songes présenté au centre culturel de Prévost dans les Laurentides.

    L'Écho des songes présenté au centre culturel de Prévost dans les Laurentides.
    Le Ciné-Club de Prévost est fier de recevoir, vendredi le 27 mai prochain, à 20hres, le cinéaste Arthur Lamothe. Suite à la projection en octobre dernier du film « Conquête de l’Amérique I » du même auteur, et l'appréciation du public, le Ciné-club présente, en présence du cinéaste cette fois, le film : L'ÉCHO DES SONGES / SHAMAN NEVER DIES (80 min, 1992)
    Peintres, sculpteurs, architectes et musiciens autochtones (participation entre autres de Florent Volant) témoignent ici de leur vision de l'univers et de leur présence au monde. Puisant dans la spiritualité, la culture et l'imaginaire collectif de leurs peuples, ils nous présentent un art bien actuel qui s'impose sur la scène internationale et influe sur les grands courants artistiques contemporains. « Tout art provient des songes. Intimement liés à la vie spirituelle des indiens, les songes constituent l’essence même de toutes leurs croyances. » (A. Lamothe)

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